Béret, foulard, capeline : les accessoires du Sud-Ouest qui reviennent

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Il suffit de se promener sur un marché du Gers un dimanche matin pour voir combien certains accessoires, longtemps jugés démodés, sont revenus habiller les têtes et les épaules d’une génération qui ne les avait pourtant jamais vraiment portés.

Le béret basque, mal nommé mais bien vivant

Le béret basque vient en réalité du Béarn plutôt que du Pays basque, où sa fabrication s’est industrialisée au dix-neuvième siècle autour d’Oloron-Sainte-Marie. C’est là que la maison Laulhère, l’une des dernières manufactures françaises encore en activité, continue de tisser la laine mérinos qui donne au béret sa souplesse caractéristique. Porté légèrement incliné sur le côté, avec un jean brut et un trench, il a perdu son image un peu vieillotte pour devenir un accessoire que les jeunes générations réinventent sans complexe.

Le foulard en soie, la touche qui change tout

Un foulard en soie, noué autour du cou, glissé dans les cheveux ou attaché à une anse de sac, reste l’un des moyens les plus économiques de transformer une tenue simple. Sa légèreté et son tombé particulier, impossibles à reproduire avec une matière synthétique, expliquent pourquoi il traverse les décennies sans jamais vraiment disparaître des dressings, y compris dans les plus discrets.

La capeline, reine des étés secs

La capeline, ce grand chapeau à large bord, revient elle aussi en force sur les marchés et les terrasses du Sud-Ouest, où les étés chauds justifient amplement son retour. Plus qu’un simple accessoire de mode, elle protège efficacement le visage et la nuque du soleil, un argument qui pèse autant que l’esthétique dans un climat où les étés s’annoncent de plus en plus rudes.

Pourquoi ils reviennent maintenant

Ce retour n’a rien d’un hasard de mode : il s’inscrit dans une envie plus large de pièces fabriquées durablement, avec des matières naturelles et un savoir-faire identifiable, à l’opposé des accessoires jetables achetés pour une seule saison. Un béret en laine bien entretenu traverse vingt hivers sans faiblir, un foulard en soie de qualité ne se déforme pas au lavage, et une capeline en paille tressée résiste à plusieurs étés consécutifs. Cette longévité, presque à contre-courant du rythme des collections actuelles, explique en partie pourquoi ces trois pièces séduisent une génération plus attentive à ce qu’elle achète.

Les associer sans faire costume

Le piège, avec ces trois pièces, est d’en faire trop d’un coup et de virer au déguisement régional. Un béret se suffit généralement à lui-même sur une tenue du quotidien, sans foulard assorti ; la capeline, elle, se garde pour les sorties en plein soleil plutôt que pour un dîner en ville. C’est en les dosant, une pièce forte à la fois, qu’ils gagnent en élégance plutôt qu’en clin d’œil folklorique.

Le béret, sous ses différentes formes, reste l’un des rares accessoires français à avoir traversé deux siècles sans jamais totalement disparaître des rayons, ce qui n’est pas rien pour un couvre-chef né dans les pâturages pyrénéens. Ces trois pièces se dénichent d’ailleurs facilement lors d’une balade sur les marchés gersois, entre un étal de fromage et un vide-grenier improvisé.


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